mardi 15 avril 2008

Traduction de la critique de Rolling Stone (4/5) !

Le magazine référence en matière musicale, Rolling Stone, vient de rendre sa critique du nouvel album de Madonna, "Hard Candy". Résultat : 4 étoiles sur 5, soit sa meilleure critique depuis 2000 avec Music ! Retrouvez la traduction intégrale par mes soins.

La domination n’est pas seulement fétiche pour Madonna, c’est sa religion. Ce n’est pas un hasard si elle a ouvert chacun de ses shows du Confessions Tour une cravache à la main. Et elle ne dépose jamais le fouet. Depuis 1986 et True Blue, Madonna revendique avoir écrit ou produit chacune de ses chansons, même lorsqu’elle a travaillé avec des artistes dance-électroniques comme William Orbit, Mirwais Ahmadzaï ou Stuart Price. Il est donc surprenant que son onzième album studio – son dernier chez Warner Bros – soit un acte de soumission. Pour Hard Candy, une méditation de mi-vie sur sa propre pertinence, Madonna accepte de devenir le jouet des grands producteurs du moment.

Une équipe de compositeurs toute droit sortie des charts américains aide Madonna à revisiter ses racines en tant que disco queen urbaine. Madonna n’est même pas la star de son premier single , "4 Minutes". Timberlake est le docteur mélodique de l’album, et il n’hésite pas à plagier son mélancolique "What Goes Around . . . Comes Around" sur la chanson "Devil Wouldn't Recognize You." Madonna a co-écrit mais n’a pas co-produit les 5 chansons des deux T (Timbaland-Timberlake), bien plus marqués par l’empreinte de leurs créateurs que par la sienne. Les chansons sont solides, mais légèrement anonymes, comme si elles pouvaient être interprétées par d’autres chanteuses.

La tension créative entre Madonna et Pharrell Williams des Neptunes crépite. Williams détone avec des sons de cannettes pour générer le beat de "Candy Shop", première chanson aux fortes insinuations. Il fait se décoller l’hymne écrasant qu’est "Give It 2 Me" à l’aide de synthés clubby qui proclament les métaphores préférées de Madonna sur la vie, la danse et le sexe : "Don't stop me now, don't need to catch my breath/I can go on and on." "Heartbeat" sonne comme "Lucky Star," et le mélancolique "Beat Goes On" (qui compte sur la présence non inspirée de Kanye West) fait partie d’une série de chansons avec des cloches et des sifflets – le très classique et disco "toot-toot, beep-beep" – caractéristiques des artistes qui ont inspirés Madonna : Nile Rodgers et Donna Summer.

Comme Confessions, Hard Candy fait de la danse le réel salut, mais même les très groovy "Heartbeat" et "Dance 2night" sont frappés de notes de sifflets. Même si le disque up-tempo ne compte pas de ballades, les thèmes dominants – le regret, le désir, la méfiance – sont loin d’être up-beat. "Incredible" est une chanson de défi vis-à-vis des débuts idylliques d’un couple. La mélancolie se fait également sentir sur la chanson des deux T , la luxuriante "Miles Away," qui démontre que tout n’est pas rose chez les Ritchie. "You always have the biggest heart when we're 6,000 miles apart," chante Madonna. Les superstars internationales sont juste comme nous !

Le moment le plus faible de l’album vient avec le très douloureux essai hispanique "Spanish Lesson." Madonna a déclaré que la musique était inspirée par la danse de Baltimore nommée le Percolator, mais elle se rapproche bien plus de la chanson de Timberlake "Like I Love You." Par chance il y a également le très rétro "She's Not Me," où Madonna imagine les sentiments de remords de son amant séduit par une copieuse qui "n’a pas son nom."

Madonna peut toujours se moquer des wannabe qui ont la moitié de son âge parce qu’elle a su rester très souple avec sa musique. Même quand elle lutte corps à corps avec les changements musicaux brutaux de Pharrell ou encore quand elle se laisse absorber par une mélodie de Timberlake, Madonna réussit toujours à retrouver son chemin vers le sommet. L’atmosphérique dernière chanson "Voices," pose la question "Who is the master, who is the slave?" "Qui est le maître, qui est l’esclave ?" avant une envolée lyrique clôt par un son de cloche. La réponse aux deux questions est toujours Madonna.


Traduction : NewMadonnaMusic
Source : Rolling Stone

4 commentaires:

chassezac a dit…

Bel article, qui laisse entrevoir de belles choses, mais qui confirme une de mes craintes : une production où Madonna est plus effacée, un album moins surprenant que les précédents. Plus que quelques jours!

Anonyme a dit…

Quelle etait la note qu'ils ont attribué pour confessions ?

DJS a dit…

3 et demi à Confessions, 3 à American Life, 4 à Music et 4 à Ray of Light!
Meilleure note : 5 pour Like A Prayer

Anonyme a dit…

merci djs